Village de Tharoiseau

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Lettre ouverte au maire concernant la réunion du 24 juillet 2010

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Monsieur François BERNARD

6 rue LOCAILLOT

89450 THAROISEAU

Le 20 juillet 2010

Lettre ouverte à

Monsieur le Maire,

Mesdames, messieurs les membres du conseil municipal

 

J’ai reçu un courriel lundi 19 juillet à 22h51 dont le texte est le suivant :

« Bonjour,
Tu es invité à une réunion de travail concernant la restructuration du bâtiment communal le samedi 24 juillet à 17h 30 à la mairie. 
Comptant sur ta présence,

                                      Alain Moiron. »

 

Cette invitation m'amène à écrire cette lettre afin de traiter plusieurs points :

Point 1 Toujours des convocations aussi peu claires :

Quels sont les points prévus ? Sur quels documents travaillerons-nous ? Ceux de l'architecte ? A-t-il envoyé de nouvelles informations ? D'autres, venant d’autres personnes ? Y-a-t-il des éléments nouveaux concernant les questions posées lors de la réunion du 2 juillet ? Quand et où peut-on les consulter ? Peut-on en faire des copies ?

Point 2 Qui invite ?

L’auteur de ce courriel n’est pas clairement défini, non pas la personne bien sûr, mais sa qualité. Peut-on raisonnablement supposer que ce soit le maire ? Pourquoi ne pas l’écrire ? À noter aussi la forme du « tu es invité à » qui est un classique depuis plus de deux ans au lieu d’un clair « je t’invite à ».

Ce courriel comme celui laissé dans certaines boîtes aux lettres est-il un document officiel ? La secrétaire de mairie a-t-elle été informée ou le sera-t-elle seulement mercredi ? Sera-t-elle à cette réunion de travail ?

Point 3 Qui est concerné ?

Qui sera là ? Les membres du conseil ? Des invités ?

Il est difficile de regrouper tout le monde évidemment. Mais le maire a-t-il demandé les agendas de chacun lors du dernier conseil ? A-t-il questionné, téléphoné pour connaître les disponibilités de chacun ? À première vue cela ne semble pas le cas : juste un mot dans la boîte aux lettres des conseillers, tard le lundi, rien de plus.

Cette réunion est-elle publique ? La réponse est sans doute négative car comme pour la première réunion aucun affichage n’est (encore) visible en mairie. De toute façon, vus l’heure et le jour cela semble joué d’avance.

 

Sans doute le maire me dira : « tu as eu la chance de recevoir un courriel ! Alors de quoi te plains-tu ? ». Mais les autres qui ne sont pas, eux aussi, de façon continue à Tharoiseau ? Rien ! Je répondrai donc « Dommage, tu as déjà fait un effort louable, continue ! Mais en n’oubliant pas qu’il y a tout de même trois membres du conseil sur sept qui ne vivent pas à demeure à Tharoiseau. »

Point 4 Au sujet des délais d’information des dates de réunion

Pourquoi ce délai si court ? La dernière fois c’était déjà comme çà : 3 jours ouvrés ! C’est juste le minimum légal, n’est-ce pas ?

Le maire fait fi de l’organisation des agendas des « invités », comme il l’a toujours fait : souvenons-nous de la toute première réunion l’an dernier où ils ne furent que deux.

Pourquoi ne pas avoir envisagé ces dates le 2 juillet après le conseil, comme je l'ai suggéré alors (c’était il y a seulement deux semaines), ou parler lorsque le maire nous rencontre ?

Le maire a invoqué les conséquences découlant de la publication de cette date sur Internet, mais c’est une pure chimère.

De quoi le maire a-t-il peur ? Que les gens s’informent du projet ?

Point 5 Les réunions le Week-end

Pourquoi un samedi soir ? Le Week-end est plutôt à éviter pour des réunions de ce genre. Non ?

Le vendredi est depuis plusieurs années le jour des réunions de conseil : cela en fait presque une tradition. Pourquoi ce changement ? Pourquoi ne pas choisir un vendredi ?

Remarque : nous avons déjà eu une réunion du conseil un Lundi de Pentecôte, alors pourquoi pas le dimanche, juste avant la messe ?

Point 6 La période estivale

La période juillet août est statistiquement celle des congés, ceux de l'architecte en particulier, mais aussi celle des réunions familiales, des passages d'amis, des escapades, etc. Le rythme des réunions ne pourrait-il pas un peu se réduire sur juillet-août ? Ne serait-ce pas une bonne chose ?

Pourquoi cette frénésie de réunions ? Quatre réunions en 4 mois, 2 en un mois, quelle activité …

Point 7 Approfondissement du dossier

Je suppose que la mairie a déjà regroupé des éléments sur ce dossier. Le contraire serait grave. Mais rien jusqu’alors n’a transpiré. Aussi aurait-il été intéressant de nous les communiquer AVANT cette réunion afin que nous puissions éviter de découvrir en séance des informations essentielles à la compréhension globale du sujet.

De pouvoir y réfléchir.

Le fait que nous n'ayons JAMAIS aucun élément AVANT les réunions, est un fait récurrent que je dénonce depuis longtemps.

Mais là en particulier sur ce dossier important qui met en jeu de façon profonde la vie du village, ses dépenses à venir et son mode de vie (avec cette nouvelle salle) c’est proprement indigne d'un travail réel du conseil et d'une délégation raisonnable du rôle de maire.

 

Venons-en maintenant à ce dossier.

Point 8 Les points qui devraient être traités

a- Explication claire des objectifs à atteindre

Maintenant que quelques scénarii ont été présentés et avant de plonger dans leurs détails il est important de replacer le projet ainsi pré matérialisé par des esquisses dans un cadre précis définissant les objectifs prioritaires, secondaires et alternatifs.

De quoi a-ton besoin ? De quoi les habitants de Tharoiseau ont-ils besoin ? Voilà la vraie question qui n’a jamais fait débat.

Ce qui permettra de traiter les options financières et les choix architecturaux en ayant toujours en tête ces objectifs.

Pourquoi ne pas se baser pour cela sur le texte qui a été utilisé par l’architecte ?

Cette partie est essentielle aux membres du conseil pour que les choix qui vont peser lors de leurs votes à venir soient conscients des enjeux pour le village, aujourd’hui et dans son avenir. Détaillons donc un peu ce point.

b- Motivation des aménagements et nature de l’usage des bâtiments après travaux

Qu'elle est la ou les utilisations de la salle ? Quels sont ses équipements mobiliers associés à chacun de ces usages prévus ?

Le vol étant un risque majeur quels moyens de surveillance seront mis en oeuvre pour tracer les événements et lever les doutes ?

Côté sécurité incendie : idem.

Impact sur la vie au village lors de ces utilisations ?

Impact sur le parking des véhicules ? Vérifier qu'il y a bien adéquation entre chaque usage envisagé plus haut et la vie du village.

Projection à plusieurs années : salle communale, salle des fêtes, salle pour activités culturelles, etc.

Peut-on matérialiser ces hypothèses, quantifier et qualifier la pertinence du projet au vu de ces éléments ?

 

c - Aspect financier :

Modes de financement, instances permettant d’obtenir un soutien financier, procédures de demande de subventions, aides ou autre (à qui, combien, chance de succès, etc.)

L’assemblage qui lie la nouvelle aile et la réhabilitation des locaux actuels est évidemment astucieux. Il serait cependant intéressant de détailler les deux actions, à savoir les travaux dans le bâtiment actuel et la destruction / reconstruction du bâtiment de la cour. En effet ces deux actions sont fonctionnellement indépendantes. C’est seulement cette association de travaux fondamentalement indépendants qui permet cette manne financière.

Cela correspond à une remise globale d’environ la moitié des coûts réels sur l’ensemble des travaux.

Mais deux projets dont le coût est sensiblement identique représentent un coût double d’un projet unique qui recevrait à lui seul les aides et subventions attendues.

En tant qu’ancien professeur de mathématique le maire sait que 2/2 cela donne 1, donc les aides ne vont pas alléger les charges des administrés puisqu’il y a bien deux fois plus de travaux. Elles permettent de faire « plus ». Mais c’est quoi ce « plus » ? Voir le point « objectif » plus haut.

Ceci devrait être clairement expliqué afin qu’il n’y a pas méprise ou mauvaise évaluation des conséquences.

L’impact sur les charges communales doit être clairement évalué dès cet avant projet afin qu’il puisse faire l’objet d’une analyse claire et transparente en regard des explications du point précédent.

 

Sans oublier l’impact sur les coûts de fonctionnement, qui eux aussi sont annuels, comme les charges d’éventuels emprunts.

Chacun d’entre-nous sait concevoir des efforts, voir des sacrifices dès lors qu’il en connaît la portée. Ôter cette vue de l’esprit ou faire en sorte que cela soit occulté est un abus de pouvoir impardonnable.

Les administrés ne peuvent pas continuellement s’en remettre à quatre personnes (c’est le minimum donnant la majorité aux votes du conseil).

d- Aspect juridique :

Cadre dans lequel se place ce projet :

-          impact sur les aides et subventions,

-          impact sur les baux de location en particulier dans le cadre de la différence de surface et du changement de mode de chauffage.

-          Relogement éventuel pendant les travaux (cf. plus bas).

Mais aussi :

-          Impact sur les propriétés mitoyennes.

-          État du mur mitoyen ouest en contrebas (voir informations données il y a quelques mois lors d’un échange que j’ai eu avec ce voisin).

Sans oublier les deux points évoqués par l’architecte :

-          Propriété du mur mitoyen sud avec le château.

-          Présence du chenil.

e- Aspect technique concernant l’emprise du chenil:

¨      L'architecte a lui-même parlé du chenil en des termes qui amènent à se poser effectivement la question : "il est encore là" ?!

¨      Malgré mes demandes il semble que le maire ne porte aucune attention à une solution qui tiendrait compte de l’effacement de cette emprise.

Incorporer cette idée dans l'analyse de la mitoyenneté du mur pourrait être un pas décisif dans une direction positive pour le projet dans son ensemble.

f- Aspect technique et humain de ces travaux

¨      Quid des actuels locataires ?

¨      Quid de leur retour ?

¨      Quid de la modification du bail du fait du changement :

  • des surfaces,
  • et des conditions d’usage (cour intérieure, caves et dépendances)

¨      Mode opératoire pour la réhabilitation des logements, la rotation évoquée est-elle réaliste et réalisable ?

¨      Quelles solutions alternatives ? Les deux locataires (3 personnes) peuvent être relogés ? Où, à quel prix ? Quid du loyer pendant les travaux ?

g - Analyse des scénarii

Les trois plans présentés sont des ébauches, des mises à plat d’idées.

Mais ne peut-on pas au vu des questions posées le 2 juillet et complétées par celles ci-dessus, retravailler ces éléments en revenant aux objectifs définis comme suggéré au point 7 ?

C’est en général le travail qui concerne pleinement cette phase qui s’appelle « étude de faisabilité ».

Voici un court extrait de ce que l’on définit généralement par  « Étape d'étude préliminaire (ou préalable dite aussi de faisabilité ou encore d’opportunité) » (définition extraite de Wikipédia).

À ce stade, le but est de déterminer le périmètre du projet et sa faisabilité, c’est-à-dire de définir ce qui sera inclus dans les objectifs du projet, ce qui ne le sera pas et si le projet doit bien être lancé.

L’objectif de la gestion de projet doit être précisé de façon claire, chiffrée et datée. Le résultat doit être conforme à des normes de qualité et de performances prédéfinies, pour le moindre coût et dans le meilleur délai possible.

D’une part, on estime si les bénéfices attendus seront en proportion des investissements engagés et du coût prévisionnel du projet. Pour de nombreux projets, on détermine ainsi le retour sur investissement escompté (ou plus exactement : payback). Il faut toutefois noter que tous les projets ne visent pas forcément à atteindre un profit financier : on peut lancer un projet dans le but d’améliorer le service aux usagers d’une administration, ou pour améliorer le climat social d’une entreprise — dans ces cas, le retour sur investissement n’est pas nécessairement quantitatif.

D’autre part, l’étude de faisabilité détermine également si l’organisation est bien en mesure de mener le projet à son terme. On cherche en particulier à savoir si elle dispose des compétences, des ressources et des fonds nécessaires.

On analyse :

  • les risques de faire : quelles sont les difficultés auxquelles il faut s’attendre dans le déroulement du projet et les moyens de les prévenir,
  • et les risques de ne pas faire : quels sont les enjeux pour l’entreprise ou l’organisme si le projet n’était pas lancé et mené à terme.

Le projet n’est véritablement lancé que si cette première phase est concluante.

Fin de citation

 

J’ose espérer que toutes les questions de ce point 8 auront un écho en termes de réponses précises et circonstanciées, et serviront sans doute de trame de réflexion et de concertation lors de cette réunion de travail.

Un compte rendu public pour chacune des deux dernières réunions concernant ce projet serait aussi un pas décisif dans la relation qui doit exister entre l’administration territoriale locale (la mairie, son maire, les membres du conseil) et les administrés.

Le site www.tharoiseauvillage.fr sera un de ces supports.

Mais une action propre à la mairie elle-même serait, à n’en pas douter, un élément déterminant si tant est qu’elle ne soit pas réalisée de façon confidentielle.

 

Cordialement,

François BERNARD

1er  adjoint

 

 

PS : Pour information concernant août et septembre : Je prends exceptionnellement des congés cette année en dehors de Tharoiseau pendant tout le mois d’août et comme chaque année je ne suis pas libre autour du premier week-end de septembre, c'est-à-dire que je ne suis pas libre avant le jeudi 9 septembre à Tharoiseau.

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